2225ème jour de captivité pour l’otage Franco-colombienne, la sénatrice Ingrid Betancourt. Alors que les média font écho chaque jour davantage de son état plus qu’inquiétant, une
forte volonté politique et diplomatique parait plus qu’urgente. Chaque jour compte.
Déposer un bulletin de vote à une présidentielle, c’est aussi donner le pourvoir au Président élu d’user, de toute sa force, pour la défense des droits de l’homme, et le cas présent, d'une de ses
ressortissantes.
A l’heure où Pékin joue des muscles auprès de Moines Tibétains non-violents et défenseurs d’une culture menacée qui tend à disparaître, le boycott des JO doit dépasser le cadre sportif et se
situer sur le terrain politique. L’esprit du sport tel que Monsieur de Coubertin le concevait était avant tout la défense des valeurs de respect, de liberté et de démocratie. Pas une histoire de
chronos -qui plus est aujourd'hui plus que douteux- ou de médailles.
Pour situer ce débat, celui des Droits de L’Homme, sur un terrain qui m’est familier -et qui lui aussi peut apporter sa pierre à l’édifice-, j'ai nommé le cinéma, je ne saurais que trop vous
conseiller la 6ème édition du Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH) de Paris, au cinéma Action Christine dans le 6ème, jusqu’au 1er avril
2008. Cette nouvelle édition présente cette année trente deux films documentaires inédits en France avec comme chaque année, une présence importante de réalisateurs étrangers.
Avec pour but, toujours, encore et encore, mobiliser et ne jamais céder au
fatalisme ambiant.
Parmi les point forts de la programmation, Sut Jhally, fondateur et directeur de la Media Education, et l’un des plus féroces critiques de l’influence croissante et
dangereuse des media aux Etats-Unis, aux mains d’une poignée de groupes privés (ça vous rappellerait pas quelque chose ?...) Ce défenseur
de la libre pensée sera présent jusqu’au 31 mars et présentera entre autres: « Hollywood et les Arabes »… Pourquoi me sentirais-je concerné? ;-)
Comme lors de chaque édition, de nombreuses classes de collèges et lycées assistent aux projections et débattent ensuite. Toujours plus efficace que la lecture imposée de la lettre d’un
résistant, aussi émouvante soit-elle…
Car si je crois, avec force, aux vertus de l’éducation, c’est parce que je
crois que sensibiliser dès le plus jeune âge – avec pédagogie selon l’auditoire et justesse quant aux faits- aux enjeux du combat pour les Droits de l’Homme, c’est préparer nos jeunes générations futures aux défis majeurs
qui les attendent. Eduquer par l’image, dès le plus jeune âge, c’est aussi préparer nos enfants à décrypter l’éventuelle manipulation, et investir l’enfant de ce devoir primordial :
l’absolue nécessité de défendre la liberté partout où elle est menacée.
Pour finir, je reprendrai la phrase qu’Anita, la nurse Portugaise d’Ingrid Betancourt, alors enfant, lui dit un jour : « Tu ne dois pas oublier Ingrid, que le monde n’est pas à
l’image de celui que tu côtoies aujourd’hui. La réalité est douloureuse, la vie difficile et, un jour peut-être, elle le sera pour toi ».
Site du festival des Droits de L’Homme de Paris :
www.festival-droitsdelhomme.org
Site de soutien à Ingrid, et à TOUS les otages détenus par les FARC :
www.agirpouringrid.com
Chacun, à sa manière, participer.