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Ils sont forts ces Américains, « y’a pas à chier » comme dirait le regretté Professeur Choron dont les Editions Hoëbeke sortent ces
jours-ci un album retraçant les dessins les plus trashs (et merveilleusement « bêtes et méchants ») de feu le journal satirique « Hara
Kiri ».
Y’a pas à tortiller du cul donc, question scénario, c’est les champions du monde les habitants de l’Oncle Sam, qui justement question cul, plus prudes tu meurs. Remarquez, Mr Strauss Khan, avec ses aventures au Fion Monétaire International (copyright à Charlie Hebdo pour ce joli jeu de mots pour ce jeu de vilains), a su apporter un peu de French doigté à ce pays, rejoignant ainsi dans les annales (pardon…) du pouvoir Mr Clinton, grand amateur, comme tout le monde le sait désormais, de cigares mouillés.
Voyez-donc, à J – 7 de la proclamation des résultats (si les machines perforeuses ne nous font pas une redite hilarante de l’année 2000), la logorrhée qui accompagne chaque déplacement, les photos compromettantes qui ressurgissent, les dossiers que l’on déterre, le tout sur fond de tentative d’assassinat par des illuminés d’extrême droite, de faillites bancaires et de menaces de fraude massive (on a même trouvé un faux électeur dénommé « Mickey Mouse » sur une liste, encore mieux que Tibéri).
Trop fort comme diraient les djeun’s.
Meilleur scénario tu meurs ! Dans la
vie politique où tous les coups sont permis (au sein parfois d'un même camp) cette dernière semaine, ligne droite d’une campagne qui n’aura pas manqué de souffle, promet d’énièmes rebondissements
dans une histoire passionnante qui n’a pas encore écrit (malgré les nets sondages favorables au candidat démocrate ) son épilogue.
Le meilleur ingrédient restant les personnages hauts en couleurs (n’y voyez aucune allusion, c’est un arabe qui vous parle) de cette épique élection. Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
attachez vos ceinturons, bienvenue à la tant attendue finale !
A ma droite (ou à ma gauche, ou au centre, les Américains ne s’embarrassant pas des basses questions d’orientation, tout dépendant chez eux du sens du vent), merci
d’accueillir :
Mister John Mc Cain, 72 ans. Vétéran du Viet Nam, rescapé de la torture et - pas
mince l’affaire - s’il est né sous le signe de la Vierge, par l’aide de Dieu bien sûr, le vieux Lion n’en a pas moins vaincu 4 cancers. Que le Papy doit le regretter le jour où il a rebranché son
sonotone pour s’entendre conseiller par quelques sherpa de mauvais augures de prendre dans son ticket cette désormais célèbre Sarah Palin, pie
lunettée et véritable publicité sur pattes pour Alain Afflelou. Cette colistière inconnue des cadastres il y a encore deux mois, gouverneure - des terriers - d’Alaska, si elle a tracé son sillon
dans ce monde cruel de machos cow-boys dominants, n’en est pas moins misogyne, pro-armes, anti-avortement, va-t-en-guerre, et même chasseuse d’ours à
ses heures perdues. Chassez le naturel, il revient à dos de cerf. C’était vite oublier que si Miss Palin a côtoyé les podiums, elle en a gardé le goût pour la toilette, dont le montant des robes
s’élèverait à plus de 150 000 dollars, ce qui, reconnaissons-le, fait cher le bouton en pleine crise financière… La pie n’était donc pas cigale ! « Vous chantiez ? Et bien
dansez maintenant »
A ma gauche (ou au centre, ou à droite,
cf le bulletin météo), l’incontournable Barack Obama, dont le nom désormais est une marque à lui tout seul, suffisamment bankable pour
éclipser du générique son colistier Jospeh Biden, muet des ondes (remarquez, « Forbidden » en anglais ne signifie rien d’autre que « Interdit »…). Il faut
dire que Obama, sénateur de L’Illinois, est jeune, beau, brillant, élégant … et... et… et… Noir !
Sacrilège, le mot est lâché !
40 ans après l’Affirmative Action, un
Noir est sur le point d’installer dans la sacro-sainte Maison Blanche sa tout aussi Noire famille. Et là se situe tout le paradoxe, et la formidable richesse de ces Etats-Unis d’Amérique que l’on
moque - et moi le premier - volontiers. Là où en France, après 160 ans, on dénombre aujourd’hui parmi les 520 000 conseillers
municipaux (chiffres du CRAN, Conseil Représentatif des Associations Noires) seulement 2000 issus de la diversité (vocable qui par ailleurs fait
florès dans toutes les émissions politiques de nos chères chaînes françaises, surtout en ces temps de recherche de respectabilité afin d’être estampillé « service
public »)…
Ces Etats-Unis d’Amérique donc, racistes et tolérants, délurés et puritains,
conservateurs mais progressistes, égoïstes mais parfois généreux, ethniquement déchirés mais fièrement patriotes, aujourd’hui économiquement fragilisés et socialement
balkanisés, portent néanmoins au firmament le symbole du rêve Américain, celui où tout peut, à la force du travail, s’étonner d’être possible.
Alors oui, si ces Etats-Unis peuvent prêter – à juste titre – à rire, quand par
exemple deux candidats à la Présidence du pays le plus puissant prononcent dans un débat à 24 reprises le nom d’un faux « Joe le plombier » (qui, c’est le cas de le dire, les a bien
entubés !) ou encore quand, à coups d’espèces sonnantes et surtout trébuchantes, s’insultent par
spots télévisés interposés, ils peuvent aussi, ces même Etats, paraitre unis, dans le sentiment d’une histoire qu’ils écrivent, éprise de liberté et farouchement dans son
temps.
Un Noir imaginez donc…
Les Amerlocs, champions du monde du scénario !
Et blague à part, il est à part, ce black !