Une pensée spéciale bien sûr à ma Maman Fatima, 56 ans, résidant toujours du côté de Bordeaux, ma ville natale.
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10h00, Café "La Manufacture", Paris 13ème. Le rituel est bien rôdé. Direction le comptoir. Bonjour, comment vas-tu? Bien je réponds au serveur. Il y a des travaux sur la terrasse ça
va vous tuer la clientèle du déjeuner je reprends, amusé. Oh ils refont les canalisations du sous-sol mais ils seront partis (il parle des ouvriers) avant midi, s'ils trainent pas bien sûr.
Le Parisien comme d'hab ? Oui merci (encore embrûmé). Il sait que dans mon rituel s'inscrit la lecture de ce quotidien, moment qui permet le réveil lent et bienvenu. Il me tend
le journal, l'oeil vif. Café allongé ? S'il te plait. Croissant ? Non j'ai pris une crêpe en face à la boulangerie. Je devrais lui dire un jour que ses croissants sont dégueus. Et
voilàààààà, me dit-il dans une fin de phrase chantante. Je devrais lui dire un jour que ses fins en fa majeur m'exaspèrent, un peu comme la boulangère et ses sempiternels "Et avec
ceciiiiii ? "! Merci (dans un sol bémol) réponds-je entre deux coups d'oeil sur les travaux à l'extérieur. La UNE du journal annonce que Ségo persite et signe dans
ses excuses. Je lirai plus tard, l'horoscope d'abord. On s'accroche à ce que l'on veut. Bof, pas mal. Peuvent faire mieux les astres. Donc la UNE. Ségo demande pardon. La guéguerre du
"tout communication" ne finira-t-elle donc jamais ? Je regarde de nouveau les ouvriers qui triment à l'extérieur par cette chaleur printanière. Mon café représentera un huitième de leur
salaire horaire brut. Donc la guéguerre. Page 10 : c'est à celui qui dégainera le plus bon mot. Je pense au film de Patrice Leconte, "Ridicule". La fiction rejoint la réalité. Ca
va? Pas trop dilué le café ? Non, ca va merci. Je devrais lui dire que son café c'est du vol. Mais je ne dis rien. Comme d'hab'. N'importe que le rituel. La guéguerre donc. Zapatera tape sur
Sarko concernant Zapatero. Ceci n'est pas une oeuvre de fiction, tout personnage, etc... Les ouvriers à l'extérieur s'activent toujours. Ca me fait penser à mon père qui travaillait lui
aussi dans le bâtiment. L'un deux lui ressemble fort d'ailleurs, il doit être de là-bas, lui aussi. La lecture sur la guéguère terminée, retour sur les premières pages du
journal. "Les ménages surendettés". Tout un programme... T'arrives plus à payer ton loyer ? Marche et crève mon pote, si t'as plus un rond dans cette société tu sers plus
à rien !... C'est cynique, c'est vrai, mais c'est tellement cyniquement vrai... Un autre café se risque-t-il? T'as raison, fais-moi consommer. Ca fera un quart de salaire brut horaire pour
nos potes de chantier. Donc l'endettement. T'as qu'à pas vouloir vivre décemment mon pote. Suivant. Pages culture. "La Nouvelle Star". Du pain et des jeux. La Rome
Antique et ses jeux de massacres sont toujours bien présents. On élimine qui ce soir ? Celui qui a le plus bon mot, celle qui portera le plus fort sa voix ? Ségo contre
Sarko, feuilleton quotidien qui n'a rien à envier au télécrochet. Les ouvriers mettent une plaque métallique pour reboucher le trou béant. Ils colmatent les brèches dis-je en riant au
serveur derrière le comptoir. Je crois qu'il n'a pas compris. Le symbole me fait doucement rire, mais il faudrait en pleurer. Cacher ce qui ne peut se montrer, au sous-sol. Deux euros quarante.
Tiens. Les pièces roulent sur le comptoir. A demain, salut gars. Je referme le journal. Il le replie soigneusement. Alors que je dépasse les travailleurs, je les entends parler une langue que je
connais bien. Oui, définitivement, ils ressemblent à mon père ces travailleurs de là-bas, ici... Au fait, me mis-je à penser, pourquoi dans le journal n'a-t-on pas parlé de ces 7 ans de
réflexion qui n'ont pas eu lieu ? Cette chance qui n'a pas été saisie de changer la France. Oui, il y a 7 ans, c'était le 21 avril 2002. 7 ans de solitude.
Un ratissage mené par les forces de l'ordre est en cours dans les dunes qui bordent le port de Calais :
près de 300 policiers et gendarmes mènent depuis ce matin une opération contre les migrants à Calais, où près de 150 d'entre eux ont été interpellés depuis 7 heures 15, selon la
préfecture du Pas-de-Calais.
No Comment.
Promenade matinale. Oui je chausse du 44 ! Et comme on dit
;-)
Ces arbres m'ont fait penser à un tableau de Salvador Dali,
"Narcisse".
Arides reflets...
...amers bleutés...
Roue du carrosse abandonnée ?
"Phare d'Eau" en ce lac...
A y
regarder de plus près...
... Wonderwoman !
J'ai rencontré un Bernard Lhermitte qui faisait de l'auto-stop !
Arrivés à bon port, ou perdus sur le chemin vers la rive
?
Cadavre de la mer...
Tombeau de cerf volant...
Barbecue à la dérive...
Frigo abandonné, caveau de
dos...
.. de face, figure contemporaine
!
"Boîte Noire" du frigo naufragé ;-)
Une chaleur d'été prête à s'enflammer
Oasis oubliée ?
Ivresse des "Vents d'Ange" ...
Le radeau de la méduse ?
Sur la riche île de St-Barth, cabanon de... fortune !
Pour changer...
Cabine
téléphonique, dernier résistant du numérique ?
E-mail rural ;-)
"Catch me if you can" !
Mon ombre rattrapée ?